Isabelle Richard, Neuchâtel

Isabelle Richard, Neuchâtel

Peseux est une petite bourgade, accolée à la ville de Neuchâtel. La maison construite début 1900 a conservé tout son charme et est entourée d’un jardin aux arbres séculaires. Isabelle Richard et son compagnon occupent le rez-de-chaussée, ils y sont installés depuis huit ans. « Lors de notre première visite, je m’y suis tout de suite sentie bien, l’énergie était positive, j’imaginais déjà comment j’allais investir l’espace », la véranda et la loggia ont fini de la convaincre. Aujourd’hui elle apprécie tout particulièrement le jardin, partagé avec les autres locataires, qui sont devenus de bons amis. Elle raconte les quelques choix malheureux de rénovation, accomplis juste avant qu’ils emménagent, qui ont transformé la décoration des lieux -où elle vit et travaille- en véritable challenge. Voilà deux ans qu’Isabelle réalise le rêve d’une passion qui la poursuit depuis son adolescence ; décoratrice d’intérieur. Après un changement de carrière radical, elle a créé « c’est du beau », qui offre un service de conception -décoration d’intérieur- global ou plus spécifique selon les désirs et besoins de ses clients. Elle vend également quelques marques triées sur le volet, certaines dont elle a l’exclusivité en Suisse, comme Studio Caroline Gomez, jeune designer française. C’est une grande adepte du Slow Design, une nouvelle façon de penser sa déco. Il s’agit d’une philosophie privilégiant le bien-être, le respect de la nature et des hommes. Le mouvement slow design, m’explique-t-elle, propose de créer des objets différents de ceux standardisés et de production à grande échelle. Au concept d’éco-design, qui l’englobe, le slow design ajoute la notion de respect de l’humain, qui implique une production artisanale, locale et en série limitée. Cette philosophie est celle qu’Isabelle aime proposer à ses clients. De manière classique, le long couloir distribue toutes les pièces de la maison.

Quand on entre on se trouve face au salon qui ouvre sur la salle à manger, cette dernière est prolongée par une charmante  petite véranda d’époque. Dans cette pièce, Isabelle a travaillé autour du thème du jardin, une armoire en bois sert de rangement à divers outils, des plantes et pots recouvrent tables et étagères. Depuis le salon une porte-fenêtre mène au jardin et la loggia, un endroit où l’on a envie de se relaxer avec un magazine. Les parquets d’origine sont splendides, les boiseries typiques neuchâteloises ont été peintes dans des tons neutres. On découvre un subtil jeu de contrastes dans les couleurs et le mobilier, des pièces contemporaines sont associées en toute délicatesse à des meubles et accessoires vintage, quelques meubles hérités de sa grand-mère. Isabelle aime transformer et customiser des objets chinés mais elle apprécie tout autant découvrir de jeunes designers. « Régulièrement j’organise des ventes éphémères chez moi, une journée qui me permet de partager mes découvertes dans le domaine du design et du mouvement slow, l’occasion de créer des synergies ». La cuisine agencée, qui n’est pas vraiment à son goût, a été très habilement camouflée ; l’ambiance est intime, dans un camaïeu de gris et de blanc, avec des objets en bois brut pour réchauffer l’atmosphère, il y a de la vaisselle sur toutes les étagères, création d’artiste, trouvailles de brocantes et trésors de marchés aux puces, beaucoup de plantes « quand l’espace n’est pas parfait, il faut redoubler de créativité avec la déco ». La chambre à coucher et la chambre d’amis ont une touche méridionale avec des murs bleus pour l’une et de la literie turquoise pour l’autre. Isabelle aime les couleurs qu’elle marie avec un goût très sûr ; ainsi la table de la véranda a été peinte en bleu turquoise pour répondre au bleu-vert du grand sapin qui se trouve en face dans le jardin. Son coin atelier et magasin est magique, elle y entrepose une multitude de petites merveilles et autres découvertes venant des 4 coins du monde, des estampes japonaises, des céramiques, des porcelaines peinte à la main.

Isabelle

  • Comment as-tu trouvé cette maison ?

     

    En fait, je crois que c’est elle qui m’a trouvée…

  • Quels travaux as-tu fait dans l’appartement ?

     

    De la peinture, pour mettre ma patte sur les murs, et faire oublier les faux-plafonds.

  • Parles-nous de tes choix de couleur ?

     

    Je laisse généralement mon instinct me guider, selon le lieu, son environnement, sa fonction et ses propriétaires, et l’utilise avec parcimonie, par petites touches si elle est vive. Je mélange très peu et maintient un thème, ainsi, la couleur me permet de donner une identité à chaque pièce ou lieu. J’aime travailler avec des tons de base neutres et naturels, et y ajouter une touche colorée, j’aime aussi beaucoup utiliser les « clair-obscur ».

  • Qu’est-ce qui t’inspire quand tu décores ta maison ?

     

    Je suis très sensible aux matières, que j’aime naturelles, c’est la première chose que j’observe. Et je cherche des objets qui se répondent, décorer c’est un peu comme faire de la poésie. Je n’ai pas de limites, je suis curieuse et je vadrouille un peu partout. Un objet amène à un autre, puis à un autre. Et je prends mon temps.

  • Pourquoi as-tu fait du « slow design «  la philosophie de ton métier de décoratrice d’intérieur ?

     

    Simplement parce-que cela correspond à ma philosophie de vie.

  • Comment cette philosophie s’applique-t-elle à un projet ?

     

    Cela implique de prendre le temps de réfléchir à ses choix et de choisir avec amour et respect. Je pense que la nature est très inspirante si on est à son écoute. Ce qui ne signifie pas « décorer avec des rondins de bois », il y a beaucoup de finesse dans le slow design. Mais je reste ouverte à d’autres propositions que celles du slow design, si les matières sont belles et naturelles.

  • Un -ou plusieurs- designer contemporain slow design que tu aimes particulièrement ?

     

    Caroline Gomez pour ses petits objets du quotidien remplis de poésie, Piet Hein Eek, Hella Jongerius, …

  • Où aimes-tu partir et tes voyages sont-ils une source d’idée précieuse dans ta profession ?

     

    J’aime le sud, et, pour quelques jours, les grandes villes. Je trouve des inspirations partout, j’observe beaucoup mon environnement, les fleurs de mon jardin m’inspirent aussi.

  • Qu’est-ce que tu apprécies le plus dans la région où tu vis ?

    Le calme, la tranquillité, la nature.

  • Une bonne adresse à Neuchâtel ?

     

    L’Aubier, un café-restaurant-hôtel-boutique écologique à Montezillon, leur jardin d’hiver est si beau, c’est à 5 minutes de chez nous.