Valentine, Fribourg

Valentine, Fribourg

Le deuxième pied à terre de Valentine se trouve en vieille ville de Fribourg, non loin de son bar “Elvis et Moi”. L’appartement est situé au dernier étage d’une bâtisse très ancienne aux murs épais, l’endroit est sombre et intimiste, un univers nocturne. Valentine y donne libre cours à son côté plus ténébreux et à une certaine fascination pour la mort. Je découvre son autre personnalité celle d’une femme déterminée, qui va de l’avant, les vêtements et accessoires quelle porte sont moins gais, moins juvéniles que ceux quelle portait dans son petit chalet. Elle me parle tout en fumant, en grignotant un sandwich et en buvant des sirops une autre de ses passions. A 17h elle me quitte pour aller ouvrir son bar.

Valentine

Pourquoi cette présence de la mort chez toi ?

Les têtes de mort et les squelettes m’ont toujours fascinés. J’ai d’ailleurs une collection de crânes, j’en achète régulièrement. J’aime leur esthétisme d’une part, mais aussi ce qu’ils représentent. C’est peut-être une manière inconsciente d’apprivoiser et de dédramatiser la mort. J’ai perdu quelques êtres chers et c’est sans doute une façon de faire mon deuil… Je pense qu’il faut savoir accepter la mort, elle fait partie intégrante de la vie. A ce propos, j’aime la façon que les Mexicains ont de célébrer le jour des morts, c’est une magnifique mise en scène qui me parle tout particulièrement. J’aime aussi beaucoup les animaux empaillés, j’aurais rêvé d’être taxidermiste.

Parles-nous un peu de ta garde-robe. Deux choses me fascinent: où achètes-tu tes vêtements incroyables et comment les retrouves-tu dans cette pile énorme?

J’adore les fringues et j’en ai des tonnes. Comme j’achète régulièrement des habits et des chaussures, ma garde-robe est devenue conséquente au fil des ans. J’ai acheté beaucoup de choses en Angleterre, où j’ai vécu deux ans. Je fréquente également les brocantes, les marchés aux puces et les boutiques vintage. Je commande aussi pas mal de vêtements sur le site ebay. Je ne porte que des robes, jamais de pantalons, et essentiellement des bottes. J’adore les jupons, les froufrous, les couleurs vives, les imprimés à pois et léopard, les corsets et les paillettes. J’aime mixer les genres. Comme je sais où j’ai rangé mes vêtements, même si ça paraît être un joyeux désordre, je les retrouve sans problème.

Tu as un bar en vieille ville de Fribourg, “Elvis et moi”. Comment est née l’idée d’avoir un bar?

 J’ai toujours rêvé d’avoir un bar. J’étais journaliste à l’époque et j’avais envie de changement professionnel. L’occasion de reprendre ce lieu à Fribourg s’est présentée et je me suis lancée tout simplement. C’était en 2005. Je voulais un endroit à mon image, où organiser des soirées festives et m’éclater avec la décoration. En fait, mon bar est un lieu très personnel, rempli d’objets que j’aime, c’est un peu comme mon salon…

Pourquoi est-ce que tu as 2 univers tellement différents ?

P

eut-être que le fait d’être née sous le signe astrologique des Gémeaux m’a donné une dualité plutôt exacerbée. C’est vrai que mon chalet et mon appartement sont décorés de manière différente, mais ce sont deux univers que j’ai au fond de moi. Kitsch et coloré, le chalet correspond à mon côté enfantin, romantique, rêveur et sauvage. C’est mon nid à la campagne, où je viens me ressourcer quand j’ai congé. J’y habite depuis 1996 et j’y suis très attachée. Mon lieu à Fribourg est plutôt un appartement de fonction, même si j’ai passé des heures à le décorer. Il correspond à mon côté rock’n’roll et de femme indépendante.