Christophe, Bienne

Christophe, Bienne

Christophe vit dans la vieille ville, dans une maison historique construite début 1600. Les escaliers en colimaçon sont magnifiques, un peu difficiles d’accès quand il faut déménager des tableaux pour une exposition. Christophe est peintre, il fait également des installations, des collages et de la vidéo. C’est un atelier d’artiste, propriété de la ville avec durée de résidence limitée. Ça a un charme fou. La charpente est splendide, le grand espace ouvert très original. On a un sentiment de privacité, de grand calme tout en entendant, la vie et les bruits qui proviennent de la rue. Il y vit partiellement, quand il n’est pas chez son amie, et s’est installé un coin cuisine, un petit salon. Tout est très organisé et rangé, il a besoin de cela pour créer.


Christophe

Qu’est-ce qui te plait à Bienne ?

Difficile de définir ce qui me plaît à Bienne, j’entretien avec cette ville un rapport : amour-haine sans trop savoir pourquoi… C’est clair qu’elle possède certains avantages, situation centrale et bien desservie par le réseau ferroviaire, il est facile de s’évader lorsqu’on a besoin d’un peu d’air. Je suis attaché à cette ville, les gens y sont accueillants et elle garde un côté sauvage…

Comment décrirais-tu cet atelier ?

Une fois la porte fermée, on a l’impression d’être dans une forteresse, un lieu ou rien ne peut vous arriver, cela au centre de la vieille ville. Facile de se laisser aller et de créer son propre monde, c’est un endroit à part sans pour autant être isolé. Sa configuration, ses poutres en bois en font également un endroit ou l’on se sent bien, sensation que j’ai ressentie dès ma première visite, bien avant d’avoir pris possession des lieux.

Est-ce que tu invites tes amis à y passer du temps ?

J’invite de temps en temps des amis en petit comité, j’aime partager l’atmosphère de cet endroit, mais cela reste un atelier et si je partage volontiers cette ambiance, j’ai plus de peine à dévoiler certaines phases de mon travail, qui demande un peu de solitude.

Un artiste qui t’inspire ?

Mike Kelley.

Ton dernier voyage ?

Deux semaines en Corse, hors saison, très agréable… Sinon, je vais régulièrement passer plusieurs jours à Bruxelles, ville ou j’ai moi même habité quelques années, je garde beaucoup de contacts et cette ville me ressource, si je peux dire, bien que je rentre souvent très fatigué.


Ton travail s’inspire autant du mouvement Punk que des contes de fées à. Quelles sont les figures emblématiques dans ces deux mondes pour toi ?


Bambi pour le côté fable, ambigu, fragile… également en lien direct avec le mouvement Punk, depuis les Sex Pistols et leur fameux : « who killed Bambi ». Darby Crash pour son côté « no future ». On ne parlait déjà pas beaucoup de son groupe « The Germs » avant son suicide, après non plus d’ailleurs, car il a eu la mauvaise idée de se suicider un jour avant l’assassinat de John Lennon.

English

Christophe lives in the old town, in a historical building built in the early 1600’s. The spiral staircase is stunning although a bit difficult to manage with large picture frames going to an art gallery for a show. Christophe is a painter, he also does art installations, videos and collage. The art studio belongs to the city of Bienne and has a limited time of residency. The place is utterly charming, the exposed beam ceiling and wide open space give a sense of great privacy and calm, while the sounds of everyday life can be heard from the street. Christophe lives there part time and, when he is not staying at his girl-friend, he can cook something simple on a hot plate set up in a corner. He also cosied up the place with a sofa and two armchairs. All around is well organized and put away ; he needs that to create and be efficient.

 

What do you like about Bienne ?

Difficult to say…I maintain a love-hate relationship with Bienne not quite knowing why. It has clear advantages ; a central geographic situation, easily accessible by public transportation, making it simple to get away when in need of some fresh air. I am attached to this town, people are friendly and it gives a perception of not being quite tamed, still wild…

How would you describe your art studio ?

When the door is closed, one has a feeling of being in a fortress, a safe place where nothing can happen, all that in the heart of the city. It makes it effortless to let my mind and imagination wander and create, it’s a unique place, one of a kind and it’s not isolated. The lay out of the studio, the wooden beams provide a sense of well being, I had this feeling immediately when I first saw the place.

Do you invite friends over ?

Sometimes I invite friends, never too many at the same time ; I gladly share the atmosphere of this space, yet it’s also where I work and depending on what stage I am at on a piece I may be reluctant to unveil and share it with anybody.

An artist who inspires you ?

Mike Kelley

Your last travel ?

Two weeks in Corsica, during low season, very nice…otherwise I regularly spend time in Brussels, city where I lived for a few years, I have kept many friends and acquaintances. I recharge my batteries whenever I go there ; if I may say so as I often come back very tired !

Your art is influenced as much by the Punk movement as by fairy-tales. Who are the most emblematic figures from those opposite worlds for you ?

Bambi for his fragile, ambiguous, fable side…also linked directly to the Punk movement since the Sex Pistols and their famous « who killed Bambi ». Darby Crash for his « no future » way. His band « The Germs » was not much talked about when he committed suicide. No one spoke much of that event either ; he unfortunately chose to die the day before John Lennon’s murder.