Cécilia et Didier, Genève

Cécilia et Didier, Genève

Un imposant portail accueille les visiteurs dès l’entrée du domaine, une longue allée conduit à la maison de maître. Le long de cette dernière, des arbres privatisent les anciennes dépendances où la famille Zanone vit depuis 12 ans. Une résidence au charme bucolique, prolongée par une petite chapelle et entourée de verdure. Un terrain de pétanque que Didier a réalisé cet été avec un ami, des chaises longues en bois, un sentiment de vacances et de campagne à 10 minutes du centre de Genève. Didier a fait l’acquisition de la bâtisse en 1997, quelques mois avant de rencontrer Cécilia, qui très rapidement sera associée au projet de transformation des lieux qui n’avaient jamais été habités : « En fidèle citadine qui a grandit en appartements à Paris puis à Genève, je n’arrivais pas à imaginer que cette ancienne dépendance allait devenir cette belle maison où il fait si bon vivre. » Ils travailleront avec un architecte local spécialisé dans la rénovation, les travaux prendront plus d’une année. Dès le départ, Didier avait une vision bien précise du lieu de vie qu’il désirait créer : une maison dont l’enveloppe extérieure demeure dans l’esprit néoclassique du domaine mais modernisée et fonctionnalisée à l’intérieure avec des grands espaces ouverts mais qui soit conçue aussi pour y accueillir une famille.On y entre par la chapelle pour se trouver immédiatement dans le vaste espace ouvert : salon, coin TV, salle à manger et cuisine. Ces quatre espaces sont délimités par des demi-niveaux…

 https://www.zanonymes.ch

La façade nord, donnant sur le jardin, a été complètement remaniée ; de hautes fenêtres voutées néo-classique ont été ouvertes dans les murs traités à la chaux, apportant une lumière douce aux deux étages. Les plafonds d’origine ont été surélevés, une mezzanine en demi-lune, où se niche le bureau, a vue sur le salon, dont le poêle contemporain s’avère particulièrement utile pour réchauffer toute la maison quand le besoin se fait sentir. La charpente d’origine, très présente, a été repeinte pour éviter l’effet « chalet » déjà induit par le style chaleureux de l’aménagement. Il y a huit ans, une annexe contemporaine a vu le jour en prolongement de la cuisine, utilisée comme salle de musique, elle opère aussi comme chambre d’amis. Pour marquer son passage dans le temps et l’histoire des lieux, son intervention architecturale, baies coulissantes à profilés métal et toit plat, contraste volontairement avec le reste de la maison. A l’étage, la mezzanine sépare la zone parentale de celle des filles, Zélia et Ludivine, un dressing perché dans l’espace toit et 2 salles de bain complètent le tout. Après avoir été Directeur de Création pendant de nombreuses années dans des agences publicitaires de renommée, Didier vient de lancer sa propre marque « zanonymes », combinaison de ses multiples facettes professionnelles. Cécilia, sortie également du monde de la communication, a choisi de travailler dans un bureau de duo d’architectes«omarini micello» comme assistante de direction et responsable des ressources humaines. Leurs professions libérales leur offrent une certaine flexibilité, les filles vont à l’école à proximité et toute la famille se retrouve régulièrement à midi pour manger dans la salle à manger lumineuse et douillette à la fois.

Cecilia et Didier

Parlez-nous un peu des travaux ; quel a été le plus grand challenge ?

Le plus grand challenge fut de remplacer l’architecte, sorti en cours de mandat, et d’endosser le suivi de chantier sans légitimité professionnelle… mais cela c’est finalement bien passé

Quelle pièce préférez-vous dans la maison ?

La cuisine, conviviale par son ouverture sur le tout le champ du rez-de-chaussée. Nous apprécions de cuisiner et de partager l’avant-repas avec nos hôtes.

Comment avez-vous fait les choix de couleur ?

Un choix camaieu harmonique pour les teintes des murs et charpente dans différents tons de gris légers. Les couleurs sont claires pour valoriser le volume et l’élévation de la bâtisse, par contraste à sa relative étroitesse. Seul le parquet en essence de doussié, choisie pour sa bonne combinaison avec d’autres bois et matériaux, marque bien l’assise du sol par sa nuance caramel rougeâtre.

Avez-vous d’autres projets pour cette maison ?

Notre maison est en perpétuelle évolution. Elle suit nos coups de cœur et notre obstination – et plaisir – à embellir ce qui est déjà. En 15 ans, elle a subi plusieurs mutations, notamment lorsqu’elle a du accueillir nos deux enfants. Aujourd’hui, sa situation en zone protégée imposée par le statut quasi historique du domaine, restreint nos velléités de gros aménagements.

Quel est votre style déco ?

Le style déco intérieur est une combinaison de mobilier et objets représentatif de design suisse d’esprit Bauhaus (Le Corbusier, Wagenfeld, Frank Loyd Wright) et de meubles réinterprétés par nos soins, après achat récup’ ou brocante. On se trouve donc entourés de facettes d’époques revisitées – Art Déco, années 50/60 et, bien sûr style contemporain. Ce qui frappe dans cet intérieur, c’est le soin porté à l’éclairage, intégralement en lumière indirecte ou nichée, pour procurer le sentiment que le volume global est truffé de mini-espaces intimistes. Du coup, les suspensions ou luminaires à pied constellent l’espace de différents design et styles.

Un objet dont vous ne vous sépareriez pas ?

Une biosphère développée par la NASA et achetée au Centre Pompidou, en réalité une petite sphère décorative qui accueille un écosystème autonome permettant à une petite dizaine de micro-crevettes de vivre en autarcie depuis 10 ans par la grâce de photosynthèse et d’une bulle d’oxygène. Et une machine à écrire Underwood tout début du 20ème siècle, qui nous fascine par son cliquetis magique de mécanique industrielle tellement ingénieuse.

Ce qui vous plait le plus dans la vie genevoise ?

L’échelle de la ville et de sa région. La dimension humaine de Genève rend la vie dans la ville très qualitative et ouvre des accès directs vers l’évasion, proche ou lointaine.